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Avatar: les styles de combat

Avatar: les styles de combat

Avatar: le Dernier Maître de l’Air

Les styles de combat

L’un des aspects les plus fascinants de la série Avatar est la maîtrise [1] des différents éléments. Le « Qi », ou l’énergie, bien unique d’un individu lui permet, par l’entremise de mouvements et de positions, de manipuler l’eau, la terre, le feu ou l’air. Lorsque les créateurs Bryan Konietzko et Michael Dante DiMartino aboutirent à cette idée, ils convinrent que la maîtrise ne devait pas se limiter à un concept magique, mais que les mouvements devaient « prendre racine dans la réalité » [2].

[1] « Bending » n’a pas d’équivalent direct en français. Signifiant flexion, pliage, courbure, le terme « Maîtrise » sera utilisé dans le texte, à l’instar du titre « The last Airbender » qui fut traduit par « Le Dernier Maître de l’Air ».
[2] Avatar: The Last Airbender, The Art of the Animated Series, p.26

Afin de réaliser cette idée, Bryan décida d’entreprendre un entraînement en Kung Fu, et bien spécifiquement le style Shaolin du Nord. Il commença éventuellement à suivre des classes sous l’autorité de Sifu Kisu, lequel suggéra alors, visiblement très emballé, « d’assigner une discipline spécifique des arts martiaux chinois à chaque Nation et élément basée sur les caractéristiques des différents styles ». Sifu Kisu devint par la suite l’instructeur de combat et le consultant pour la série Avatar en raison de sa vaste connaissance des différents styles d’arts martiaux chinois.

La maîtrise d’un élément devint ainsi quelque chose de beaucoup plus substantiel qu’une illusion magique fantaisiste. Bien que chaque type de maîtrise soit différent, ils sont liés les uns aux autres par l’entremise de la force, de la concentration et de la détermination qu’ils impliquent. Nous vous présentons ici les quatre principaux styles utilisés dans la série Avatar ainsi que celui bien personnel utilisé par Toph [3].

[3] Une jeune fille aveugle, Maître de la Terre.

Maître de l’Eau – Tai Chi

Également connu sous l’appellation Tai Chi Chuan, qui se traduit par « Boxe Suprême » ou « Poing Ultime », la fondation de cet art martial chinois se situerait au 12e siècle, au sein de monastères taoïstes et bouddhistes. Ses pratiques proviennent directement de ces deux philosophies, et représentent la fusion du « Yin Yang », le « Tao ».

Ceci vous semble familier? Les fans se souviendront de la finale de la saison 1: contrairement aux autres éléments, les Maîtres de l’Eau apprennent des esprits de la Lune (Tui) et de l’Océan (La), qui ont traversé dans le monde des mortels. Comme le résume Koh, le Voleur de visages, Tui et La se livrent à une danse circulaire éternelle, s’équilibrant l’un et l’autre. Poussée et Traction. Vie et Mort. Bon et Néfaste. Yin et Yang.

Sifu Kisu explique que le « Tai Chi se préoccupe moins de la force et davantage de l’alignement du corps, de sa structure, de la respiration et de la visualisation ». Pour l’entraînement, cinq aspects sont utilisés:

kisu stars
  • Taolu: Séquences et formes à mains nues et avec armes;

  • Neigong & Qigong: Respiration, mouvements et exercices de conscience, méditation;

  • Tuishou: Exercices de réponses;

  • Sanshou: Techniques d’autodéfense [4].

[4] Douglas Wiles, Taijiquan and Taoism from Religion to Martial Art and Martial Art to Religion
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Le Tai Chi représente le style idéal pour les Maîtres de l’Eau en raison de sa douceur et légèreté, qui cachent néanmoins une force profonde, quasi indéchiffrable, plus efficace qu’une attaque franche.

Maître de la Terre – Hung Gar

Hung Gar Kuen, le “Poing Immense”, est un art martial originaire du sud de la Chine, fondé durant le 14e siècle sous la dynastie des Ming par des survivants de la destruction du temple de Shaolin. On le connait également sous l’appellation du style « Du Tigre et de la Grue », ses mouvements reflétant ceux de ces animaux. Dans la série, les premier Maîtres de la Terre étaient des taupes-blaireaux qui transmirent leur savoir aux humains.

feu - avatar

Hung Gar, tel que l’explique Sifu Kisu, implique des positions enracinées basses et fortes, ainsi que des pas puissants. Traditionnellement, en raison de ces positions basses, les élèves devaient s’y entraîner jusqu’à trois années avant d’être autorisés d’apprendre des formes, signifiant concrètement de tenir la position Ma Bu (cavalier) de 30 minutes à plusieurs heures par jour. Chaque forme prenait ensuite jusqu’à un an à maîtriser.

Maître du Feu – Shaolin du Nord

Le Shaolin du Nord, ou Běishàolín, est l’un des arts martiaux chinois du nord comptant le plus grand nombre d’adeptes. Il serait apparu au monastère Henan au 7e ou 8e siècle, les moines développant d’abord des techniques de lance et de bâton. Éventuellement, au 17e siècle, durant la dynastie Ming-Qing, les moines se forgèrent la réputation d’experts au combat à mains nues. Bien que connu mondialement comme un seul style, la diversité des temples engendra, d’un temple à l’autre, des variations uniques dans leurs pratiques.

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À l’origine, les Maître du Feu étaient disciples des dragons. Mais suite au déclenchement de la guerre par Sozin, l’ancien Seigneur du feu, la chasse aux dragons devint une quête d’honneurs et de titres. Un épisode retrace la découverte de dragons qui révèlent la vraie nature du feu: plutôt que destruction, sa source est énergie et vie. La plupart des Maîtres du Feu laissaient leur colère ou leurs muscles définir leur maîtrise, se détournant visiblement de la source de l’élément.

Avatar Feu - Kung Fu Québec

Style de prédilection de Sifu Kisu, il explique comment le style Shaolin du Nord utilise “des postures larges, des avancées et retraites rapides, des coups de pied sautés et des techniques bondissantes, des blocs circulaires tourbillonnants, ainsi que des attaques rapides, agiles et agressives.

Maître de l’Air – Ba Gua

L’un des styles originaires de Wudang, Baguazhang signifie “Paume aux Huit Trigrammes”, en référence aux trigrammes d’un canon du Taoïsme, le I Ching, le « Livre des Mutations » ou « Classique des Changements ». Dang Haichuan aurait élaboré cet art, au 19e siècle, sur la base d’enseignements de maîtres ruraux taoïstes et bouddhistes. Considéré principalement comme un art interne (neijia gong), il se concentre sur le raffinement spirituel, mental et du Qi (force de vie, respiration ou énergie individuelle).

Les Maîtres de l’Air apprirent leur art du Bison volant et développèrent des techniques de combat défensives. Élément de la liberté, les différentes formes traduisent le voyage interne vers l’illumination spirituelle. Au combat, la clé est de trouver la voie vers le moins de résistance et de s’adapter aux situations dangereuses par l’entremise de manœuvres évasives plutôt que de confronter directement la source de l’agression.

La pratique du Ba Gua met l’emphase sur la marche et les mouvements circulaires, rendant ainsi difficile une attaque directe sur ses adeptes. La marche en cercle engendre une puissance et une énergie terriblement redoutables pour l’ennemi. Afin de la maîtriser, les pratiquants adoptent différentes positions basses dans leur marche, changeant fréquemment de directions.

La flexibilité et l’alignement adéquat du corps se développent, permettant ensuite l’étude de coups de pieds, de projections, d’immobilisations, et d’évasions circulaires avancés.

Style fixé sur les manœuvres évasives et circulaires, il se révèle idéal pour rendre compte de la nature pacifique et spirituelle de la Maîtrise de l’Air.

Toph – Chu Gar

Style distinctif utilisé par le peuple Hakka, Chu Gar constitue l’un des six styles de Mante religieuse du sud, ou nán pài tángláng, développé par la famille Chu. Sans lien avec le style Mante religieuse du nord, son origine demeure difficile à retracer, mais il serait apparu au 19e ou 20e siècle.

Toph développa son style de combat unique après un apprentissage auprès d’un blaireau vivant à quelques distances de sa demeure. Aveugle, elle utilisa la Maîtrise de la Terre telle une extension de ses sens afin de l’aider à voir et à se connecter à ses habiletés. Ironiquement, une légende concernant ce style de combat attribue la fondation de cet art martial à une femme aveugle. La Maîtrise de la Terre étant à prime abord un outil lui permettant de voir et d’interagir, ses techniques se développèrent autour des principes d’observer, d’attendre et d’attaquer au moment opportun.

Chu Gar et les autres styles de Mante Religieuse du sud mettent l’emphase sur le combat rapproché, où une série de petites attaques affaiblissent l’adversaire avant de lui administrer le coup fatal. Contrairement à Hung Gar, il favorise les techniques de mains et de bras et se limite aux coups de pieds bas. Chu Gar utilise une variété d’attaques sur la partie supérieure du corps, maintenant la partie inférieure stable, ne livrant qu’à l’occasion des coups de pieds bas et rapides afin de conserver l’équilibre.